La réponse courte

Votre combustible de chauffage est surtout décidé par l'infrastructure qui a atteint votre région. Le gaz naturel domine les Prairies et l'Ontario, l'électricité règne au Québec où l'hydro est bon marché, le mazout persiste dans l'Atlantique car le réseau gazier existe à peine, et le Nord fonctionne au mazout et au bois. Ce combustible régional, pas le tarif de votre service public, est le plus grand facteur d'une facture d'hiver.

Le combustible bat le tarif. Vous ne pouvez généralement pas changer de fournisseur, mais vous pouvez changer ce que vous brûlez. Une thermopompe en climat froid, qui fournit deux à trois unités de chaleur par unité d'électricité, est le levier qui fait vraiment bouger la facture, surtout en quittant le mazout ou les plinthes.

La croyance : chauffer, c'est chauffer, partout

Un lecteur de Calgary suppose que tout le monde se chauffe au gaz ; un lecteur de Montréal suppose que tout le monde se chauffe à l'électricité ; un lecteur de Charlottetown connaît le camion de mazout. Chacun a raison pour chez lui et tort pour le pays. Il n'existe pas de combustible de chauffage national par défaut, seulement des combustibles régionaux, et la différence n'est pas une préférence mais une tuyauterie : une conduite de gaz a-t-elle été construite jusqu'à votre rue, et votre électricité locale est-elle bon marché.

Pourquoi les conseils nationaux se trompent sur le chauffage

Les articles génériques « la meilleure façon de chauffer sa maison » choisissent une seule réponse, généralement le gaz (un défaut américain) ou un argumentaire générique pour thermopompe, et l'appliquent partout. Mais conseiller le gaz à un foyer de l'Île sans conduite de gaz est inutile, et conseiller « passez au chauffage électrique pour économiser » en Alberta où le gaz est bon marché peut alourdir une facture. Un bon conseil de chauffage doit partir de la carte régionale des combustibles, puis demander ce que chaque foyer peut réellement changer.

La carte régionale des combustibles

Comment chaque région du Canada se chauffe principalement, et la raison structurelle derrière.

Combustible de chauffage résidentiel prédominant par région canadienne
Région Combustible principal Pourquoi
Les Prairies (Alberta, Saskatchewan) Gaz naturel Un gaz local abondant et un réseau dense font du gaz le choix par défaut bon marché pour les fournaises.
Ontario Gaz naturel Un réseau gazier mature (Enbridge) atteint la plupart des foyers, donc le chauffage au gaz domine hors des secteurs ruraux.
Québec Électricité L'hydroélectricité à environ 7,8 cents le kWh fait du chauffage électrique la norme ; le gaz est marginal.
Colombie-Britannique Gaz et électricité Le gaz est courant dans le Lower Mainland et l'intérieur ; les zones côtières et hydroélectriques penchent vers l'électricité.
Manitoba Gaz et électricité L'électricité bon marché de Manitoba Hydro concurrence le gaz ; Winnipeg penche gaz, de nombreux foyers électriques.
Canada atlantique (NÉ, ÎPÉ, TNL, NB) Mazout et électricité Peu ou pas de réseau de gaz, donc les foyers brûlent du mazout ou utilisent l'électricité, avec les thermopompes en forte hausse.
Le Nord (YT, TNO, NU) Mazout et bois Les communautés isolées dépendent du mazout livré et du bois ; l'électricité est chère et produite au diesel.

Tendances prédominantes, pas des absolus ; chaque région a ses exceptions. Carte structurelle fondée sur les données de Statistique Canada et de Ressources naturelles Canada.

Le point d'initié : trois forces fixent la carte

Trois choses, dans l'ordre, décident ce qu'une région brûle. D'abord, l'infrastructure : une fournaise au gaz n'est possible que si une conduite atteint le foyer, d'où le mazout livré dans l'Atlantique et le Nord. Ensuite, le coût local du combustible : le Québec se chauffe à l'électricité car son hydroélectricité est la moins chère du pays, tandis que les Prairies se chauffent au gaz car le gaz y est local et bon marché. Enfin, le climat : les régions plus froides ont besoin de plus de chaleur, ce qui augmente l'enjeu des deux premiers points. La préférence n'entre presque pas en jeu.

À retenir en une ligne

Vous n'avez pas tant choisi votre combustible de chauffage que les pipelines et les barrages de votre région l'ont choisi pour vous. Le seul vrai choix de la plupart des foyers est d'ajouter ou non une thermopompe, et ce choix rapporte le plus là où le mazout et les plinthes dominent.

Quoi faire, où que vous soyez

Partez du combustible de votre région, puis décidez de le changer ou non.

01
Identifiez d'abord vos vraies options

Vérifiez si une conduite de gaz vous atteint même. Dans l'Atlantique et le Nord, ce n'est généralement pas le cas : la liste se résume au mazout, à l'électricité et à une thermopompe, pas au gaz.

02
Au mazout ou aux plinthes : chiffrez une thermopompe en climat froid

C'est l'économie la plus grande et la plus fiable du pays. Elle fournit deux à trois unités de chaleur par unité d'électricité et sert de climatiseur l'été.

03
Au gaz bon marché (Prairies) : faites les calculs, ne supposez pas

Face au gaz peu coûteux, l'avantage de coût d'exploitation d'une thermopompe se réduit. Comparez honnêtement ; une configuration hybride gaz plus thermopompe peut l'emporter.

04
Au Québec : misez sur l'électricité bon marché

Avec une électricité près de 7,8 cents le kWh, un système électrique efficace ou une thermopompe est difficile à battre. Concentrez-vous sur l'efficacité, pas sur le changement de combustible.

05
Partout : empilez les remises avant d'acheter

Les programmes fédéraux et provinciaux visent la sortie du chauffage aux fossiles, surtout du mazout vers la thermopompe. Confirmez les montants en vigueur avant de vous engager.

Questions fréquentes

Parce que le gaz est local et le réseau de distribution dense. L'Alberta et la Saskatchewan reposent sur une grande production de gaz, et l'Ontario a un réseau mature (Enbridge) atteignant la plupart des foyers urbains et de banlieue. Là où une conduite de gaz est au bord du trottoir et que le gaz est bon marché, une fournaise au gaz est le choix par défaut.
Le Québec a l'électricité la moins chère au Canada, environ 7,8 cents le kWh, grâce à son vaste réseau hydroélectrique public et à un « bloc patrimonial » protégé à bas coût. Quand l'électricité est aussi bon marché, les plinthes électriques et les thermopompes battent le gaz pour la plupart des foyers, et le réseau gazier est resté petit en conséquence.
Parce qu'il y a peu ou pas de réseau de gaz naturel dans la majeure partie de la Nouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard, de Terre-Neuve et d'une grande partie du Nouveau-Brunswick. Le gaz étant indisponible, les foyers ont historiquement opté par défaut pour le mazout livré, en plus de l'électricité. Cette large base de mazout, coûteuse, est exactement pourquoi les programmes provinciaux et fédéraux poussent si fort à convertir ces foyers vers les thermopompes.
Presque toujours là où vous chauffez actuellement au mazout ou aux plinthes électriques, car une thermopompe en climat froid fournit deux à trois unités de chaleur par unité d'électricité. Face au gaz bon marché des Prairies, le calcul est plus serré et dépend des prix du gaz. Les gains les plus importants et les plus fiables sont dans le Canada atlantique et partout où l'on chauffe aux plinthes.